Dans la presse - Christian Ariès : « Il faut une taxe européenne »
Le Républicain Lorrain du 17 janvier 2012
Meurthe-et-Moselle Nord
Propos recueillis par Sandra Honnenbruck
Suite de nos interviews politiques du début d'année. Aujourd'hui, Christian Ariès, conseiller général de Longwy depuis 2001, donne son sentiment sur la situation politique internationale, nationale et bien sûr locale.
On entend beaucoup parler de la taxation sur les transactions financières. Certains disent que le gouvernement aurait dû y penser avant...
Christian Ariès : « Effectivement, on en entend parler depuis plusieurs années sous le terme de taxe Tobin et celle-ci refait surface à quelques semaines de la Présidentielle. La gauche sera d'accord avec la mise en place de cette taxe, mais il faut qu'elle soit au moins européenne. Aujourd'hui, avec l'ouverture des marchés, on peut déplacer des millions en un clic... Je pense qu'on aurait pu instaurer cette taxe il y a au moins deux ans, mais le président semble vouloir faire en trois mois ce qu'il n'a pas fait en cinq ans. »
Justement, parlons de la Présidentielle. Vous avez soutenu François Hollande lors des primaires socialistes, que vous inspire son début de campagne ?
« Nous sommes à moins de quatre mois des élections, il constitue doucement son équipe, son programme et définit ses orientations. Il va multiplier les rencontres et prendre le bon rythme. [...] Nicolas Sarkozy n'est pas encore déclaré, mais il a pris de l'avance puisqu'il a les moyens de sa fonction pour faire campagne, on peut comprendre qu'il veuille les utiliser au maximum. »
D'après un entrefilet paru dans Le Parisien, François Hollande aurait qualifié le chef de l'Etat de « sale mec »...
« En période de campagne, il n'est pas rare que l'on s'attaque à celui qui fait la Une du jour pour faire la Une du lendemain... Cette affaire a été montée en épingle et n'a aucun intérêt. Les gens savent que François Hollande est quelqu'un de correct. Il a tout à fait le droit d'attaquer Nicolas Sarkozy sur son bilan puisqu'il est mauvais. »
Parlons de Marine Le Pen qui grimpe dans les sondages. Elle est créditée de 19 % d'intentions de vote. Un 21 avril bis est-il possible ?
« On sent bien monter l'extrême droite, mais pas seulement en France, il n'y a qu'à regarder en Hongrie ou ailleurs. Personne n'a vraiment d'idée claire sur cette montée des populismes. En cette période de crise mondiale, Marine Le Pen risque de faire un bon. [...] Les propositions du Front national sont toujours les mêmes comme le rejet des immigrés, mais il ne faut pas oublier qu'ils ont participé à créer la richesse de notre pays. Marine Le Pen préconise de fermer les frontières, mais ce n'est pas aussi simple ! Nous ne sommes plus à l'époque des deux grands pôles économiques qu'étaient les Etats-Unis et l'Europe. Aujourd'hui, nous sommes dans un monde multipolaire avec la Chine, l'Inde, le Brésil qui veulent se développer et c'est normal. Nous devons apporter à cela des réponses européennes. »
Revenons à un niveau plus local, quel regard portez-vous sur la politique menée à Longwy ?
« Un regard plutôt négatif ! (Rires). Quand Edouard Jacque est arrivé, il avait l'avantage de la nouveauté, de ne pas avoir d'idées préconçues... Il en a eu beaucoup d'ailleurs ! Il ne s'est pas rendu compte que la ville de Longwy est un paquebot de 15 000 habitants au budget contraint depuis la fermeture de l'usine de la Chiers et qu'elle n'a jamais su compenser tout en assumant les dépenses d'une ville centrale avec la piscine, la Plaine des jeux, etc. Quelles sont les réalisations concrètes de la nouvelle municipalité ? A part les Remparts dont le classement est dû au travail de l'équipe précédente... Le maire s'est lancé dans des projets trop importants comme l'école Dreux, la crèche alors que nous n'avions pas les moyens. Résultat, les impôts ont augmenté de 25 % en quatre ans. Certains élus en place étaient en désaccord avec ces hausses d'impôts, ce qui provoque le délitement de son équipe avec de nombreux départs. »
Il a été question de démission collective il y a quelques mois, pourquoi cela ne s'est-il pas fait ?
« Le conseil municipal est composé d'une diversité d'oppositions avec un élément fédérateur, l'envie de passer à autre chose. Si les trente-trois élus de chaque liste étaient prêts à démissionner, on aurait pu imaginer un retour aux urnes. Mais ce n'est pas si simple... »
Vous vous verriez maire de Longwy ?
« Je pourrais être maire de Longwy comme d'autres pourraient l'être. Si c'était le cas, ma candidature serait une candidature de rassemblement. »



