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dans la presse : pluie printanière de subventions

L'Est Républicain du 8 avril 2012
Nancy
Guillaume Mazeaud

Principal organe exécutif des conseils généraux, la commission permanente est le lieu où est mise en oeuvre la politique générale des Départements, après qu'elle a été déterminée en séance publique.

Lundi dernier, une pluie bienfaisante de printemps est tombée sous forme de subventions... Autour de sept millions d'euros ont été attribués.

Sans entrer dans le détail, il est intéressant d'en connaître la répartition, les postes les plus importants, ce qui donne une bonne idée de l'action du Département, son omniprésence sur le territoire, et son côté indispensable aux collectivités locales que sont les communes et les intercommunalités.

Mais pas seulement. En effet, les Départements, s'ils relayent l'action qui était auparavant celle de l'Etat en matière de solidarité (APA, PCH, entre autres), ils interviennent aussi ponctuellement, sur des financements croisés quand le besoin s'en fait sentir.

Saint-Vincent-de-Paul

Ainsi, le premier poste à avoir suscité l'attention de la commission est la solidarité. 78.000 EUR sont attribués aux associations caritatives. Normal. Moins courants sont les 600.000 EUR donnés à la Fondation Saint-Vincent-de-Paul pour la réalisation des travaux de restructuration de l'EHPAD Poincaré à Bouxières-aux-Dames.

Second poste important, l'éducation, puisqu'on sait que les Départements ont les collèges en charge. La Meurthe-et-Moselle s'est engagée depuis plusieurs années dans une ambitieuse restructuration des collèges, dont en ce moment la restauration scolaire. La « CP » a ainsi attribué un total de 232.000 EUR à pratiquement l'ensemble des établissements du Département, une trentaine... Les collèges privés ne sont pas oubliés, pour le forfait personnel externat, le Département versera 387.000 EUR.

La musique

Les autres postes importants sous la rubrique très large « éducation », soit 504.000 EUR, subvention de fonctionnement au titre de l'insertion attribués à l'Agence culturelle de Meurthe-et-Moselle pour ses activités musicales., ainsi que 285.000 EUR aux centres et associations culturels du 54.

L'aménagement est le troisième grand poste de l'action départementale et celui qui témoigne par l'ampleur des sommes versées de son caractère indispensable aux territoires.

L'alimentation en eau potable des petites communes, les dépenses liées à l'assainissement, la rénovation des salles des fêtes, l'accueil périscolaire, la voirie représentent pour vingt-deux communes et trois intercommunalités une somme totale à se répartir de 612.000 EUR A quoi il faut ajouter 707.000 EUR (nous arrondissons les chiffres) à 160 communes pour des travaux divers et variés, aussi humbles que la pose d'un poteau incendie, l'achat d'extincteurs ou la réfection d'un escalier de la mairie...

La nouvelle politique des territoires, dont la réalisation effective a été l'un des grands thèmes du mandat de l'actuelle majorité, n'est pas égalitaire dans son aspect subventions, puisqu'il s'agit le plus souvent de travaux ponctuels arrivés à échéance. Ainsi, pour cette CP, le Pays Haut a la part du lion, parce que deux projets arrivent à maturité. L'un à la mairie de Pagny-sur-Moselle est la construction d'une salle de sports, 126.000 EUR, l'autre à Hussigny-Godbrange, pour 135.000 EUR va requalifier le carreau de la Mine, tout en créant une aire de covoiturage.

L'environnement

Quatrième poste de dépenses, celui qui coûte le plus cher et se voit le moins, l'environnement, ou plus exactement l'assainissement. Le Département va verser à une demi-douzaine de villages et presque autant d'intercommunalités plus de 2 MEUR pour leurs réseaux d'égout, au titre des deux tranches courant de 2009 à 2014.

Dernier poste, le développement.

Le bras armé économique de la Meurthe-et-Moselle est le Capemm. Il lui est versé 962.000 EUR pour ses actions. Egalement 238.000 EUR à l'AFPA pour le programme Ecologis aux associations d'insertion que sont Ines, Adlis, DFR service et pour la création d'un « pôle de compétence métiers de l'accueil tourisme ». Enfin, les quatre territoires se répartiront plus de 200.000 EUR pour leurs différentes actions au titre du développement.

On voit bien au travers de ce tableau rapide de l'action de la CP à quel point la gestion des besoins des communes doit, à juste titre, se faire dans la proximité, tant elle se fait dans les détails. Ce qui justifie amplement la politique des territoires entreprise. Ajoutons aussi pour faire bonne mesure que la plupart des gros projets sont souvent cofinancés éventuellement par l'Etat, la Région, communes et intercommunalités. Le coût total des opérations peut donc être en réalité nettement plus élevé...

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Dans la presse : Educateurs de rue et élus face à face

Le Républicain Lorrain du 11 janvier 2012
Meurthe-et-Moselle Nord
M-O N.

Ils ne baissent pas les bras. Dix-huit jours de grève tournante dans le hall du conseil général n'ont pas entamé la détermination de la petite dizaine d'éducateurs spécialisés oeuvrant dans les quartiers dits sensibles de Vandoeuvre-lès-Nancy. Ces éducateurs de rue refusent tout simplement la mutualisation des moyens souhaitée par les élus départementaux. « Au nom de la mutualisation, le conseil général veut fusionner notre association avec une autre de l'agglomération nancéienne », dénonce Jean-Christophe Berche, éducateur en grève.

Il travaille avec sept de ses collègues au sein de l'association de Vandoeuvre Vivre dans la ville. L'association de prévention spécialisée, très impliquée sur les quartiers de Vand'Est et du Charmois, prend en charge les adolescents mais aussi les adultes qui le souhaitent. « Nous les accueillons beaucoup dans des actions collectives », expliquent des éducateurs grévistes et solidaires qui, depuis début décembre, campent de 9h à 17h dans la monumentale entrée du conseil général.

Arrêt de mort

Il y a peu, les conseillers généraux ont voté à l'unanimité la mutualisation des moyens consacrés à la prévention spécialisée (lire par ailleurs). « Depuis 2004, les dépenses de solidarité augmentent et ne sont pas compensées, comme il le faut, par l'État », rappelle Mathieu Klein, vice-président du conseil général chargé du dossier. Pour assumer les dépenses de solidarité obligatoires, le Département réoriente ses moyens publics vers les personnes les plus fragiles. Les quatre associations privées qui sont investies dans la prévention spécialisée n'échappent pas à la réorganisation. « Pour permettre le maintien de l'ensemble des moyens éducatifs, j'ai proposé que des associations se rapprochent, voire même se fondent, afin de réaliser des économies sur les moyens administratifs », détaille Mathieu Klein. « J'ai pris l'engagement que les postes des éducateurs ne seraient pas touchés. Je discute avec les quatre associations, mais le dialogue avec les salariés de l'une d'entre elles est impossible », enchaîne l'élu. Ces salariés en question sont les éducateurs en grève. Mathieu Klein se donne encore quelques jours avant de sortir l'artillerie lourde, c'est-à-dire de brandir l'annulation de l'autorisation accordée à Vivre dans la ville. Ce qui signifierait l'arrêt de mort de l'association.

Interrogée sur la situation difficile traversée par Vivre dans la ville, sa présidente n'a pas souhaité donner suite. Le maire de Vandoeuvre et représentant du conseil général au conseil d'administration de l'association, le socialiste Stéphane Hablot, ne comprend pas l'attitude extrémiste des éducateurs. « On ne parle pas de licenciements, ni de remise en cause. Le conseil général ne demande pas grand-chose. On a l'impression que ces salariés veulent vivre en autarcie avec des financeurs qui ne doivent pas demander des comptes. Si débat il doit y avoir, il doit se tenir avec le conseil d'administration et non avec le conseil général. Ce dernier veut faire évoluer Vivre dans la ville, j'en appelle au bon sens des éducateurs. »

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